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sérapation
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MessageSujet: Nouveau test pour description de sujet Mar 14 Avr - 9:38
Ex his quidam aeternitati se commendari posse per statuas aestimantes eas ardenter adfectant quasi plus praemii de figmentis aereis sensu carentibus adepturi, quam ex conscientia honeste recteque factorum, easque auro curant inbracteari, quod Acilio Glabrioni delatum est primo, cum consiliis armisque regem superasset Antiochum. quam autem sit pulchrum exigua haec spernentem et minima ad ascensus verae gloriae tendere longos et arduos, ut memorat vates Ascraeus, Censorius Cato monstravit. qui interrogatus quam ob rem inter multos... statuam non haberet malo inquit ambigere bonos quam ob rem id non meruerim, quam quod est gravius cur inpetraverim mussitare. Inter quos Paulus eminebat notarius ortus in Hispania, glabro quidam sub vultu latens, odorandi vias periculorum occultas perquam sagax. is in Brittanniam missus ut militares quosdam perduceret ausos conspirasse Magnentio, cum reniti non possent, iussa licentius supergressus fluminis modo fortunis conplurium sese repentinus infudit et ferebatur per strages multiplices ac ruinas, vinculis membra ingenuorum adfligens et quosdam obterens manicis, crimina scilicet multa consarcinando a veritate longe discreta. unde admissum est facinus impium, quod Constanti tempus nota inusserat sempiterna. Quod cum ita sit, paucae domus studiorum seriis cultibus antea celebratae nunc ludibriis ignaviae torpentis exundant, vocali sonu, perflabili tinnitu fidium resultantes. denique pro philosopho cantor et in locum oratoris doctor artium ludicrarum accitur et bybliothecis sepulcrorum ritu in perpetuum clausis organa fabricantur hydraulica, et lyrae ad speciem carpentorum ingentes tibiaeque et histrionici gestus instrumenta non levia.
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MessageSujet: sérapation Sam 27 Juin - 20:39
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MessageSujet: En attendant Sam 27 Juin - 20:39
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MessageSujet: Re: sérapation Sam 27 Juin - 20:39
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MessageSujet: Re: sérapation Sam 27 Juin - 20:44
Réponse 4 test
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MessageSujet: Re: sérapation Mar 10 Nov - 11:13
La porte claque avec force dans son dos, et l'homme se dirige à pas furieux vers la vieille Norton stationnée un peu plus loin, à l’écart des ruines de l’ancienne université. Sans même prendre le temps de mettre son casque, il démarre le moteur et s'élance sur la route dans un grondement de protestation du moteur. La vitesse le calme. Il doit absolument se calmer.

Alors que le vent fouette ses cheveux, le sang bat dans ses tempes aussi fort qu'un roulement de tambours. Le bruit est si fort dans son crane qu'il manque de peu de ne pas entendre la voix familière qui y résonne.

    « Kyllian ! »


L'homme s'aperçoit que la douleur dans sa poitrine n'est pas uniquement due à son explosion de colère et d'adrénaline. La culpabilité surpasse sa colère initiale et Kyllian freine lentement, jusqu'à arrêter la moto au beau milieu de la rue déserte. Quelques instants plus tard, le silhouette cendrée et galopante d'un coyote apparaît derrière lui. À bout de souffle, l'animal ralentit l'allure et entre dans la lumière des phares du véhicule. Le regard inquiet qu'elle lui lance ne fait qu'accentuer le sentiment de culpabilité qu’il ressent.

    « Je suis désolé, Kaya. »


La femelle coyote penche la tête de côté et après avoir repris légèrement son souffle, lui répond simplement :

    « Ne t'en fais pas. Rentrons à la maison, maintenant. »


L'homme repart son moteur, mais cette fois, prend une allure beaucoup plus lente, de sorte que Kaya puisse suivre l'allure en bordure de la route. Environ quinze minutes plus tard, Kyllian et Kaya s'arrêtent enfin dans une petite maison, presqu'une cabane de chasse, au bout d'une petite route de terre dans la forêt à l'extérieur de Merkeley. La cabane est constituée de deux sections. La première, à l’avant, est surmontée d’un écriteau bien visible où sont écrits mots « Merkeley Ranger’s Office. Welcome. ». La petite salle d’accueil est très simplement meublée, et serait triste sans toutes les cartes accrochées aux murs et le bureau croulant sous les papiers en urgent besoin de classement. Le balcon de l’entrée s’étend jusqu’au deuxième pavillon, un lieu visiblement résidentiel mais tout aussi peu meublé et en pagaille.

Kaya ne dit pas un mot, se contentant d'observer Kyllian descendre de sa moto et grimper sur le porche de la maison. Plutôt que de s'assoir, il fit les cents pas sur le seuil, se passant frénétiquement une main dans les cheveux. Kaya aussi est nerveuse, mais elle reste immobile à le regarder, jusqu'à ce qu'il parvienne à se calmer. Kyllian s'arrête finalement, prenant appuie contre la rambarde de bois de la galerie. Il inspire profondément et lève un regard vers la voute des arbres qui cachent en partie le croissant de lune.

    « Ils ne comprennent pas. »

    « Je sais. »

    « Si... non, quand. Quand les choses vont commencer à dégénérer, ils ne seront pas prêt. Pas prêts du tout. Joder! Kaya, ils vont tomber comme des mouches si l'armée s'en mêler ! Ils croient vraiment que quelques dons vaguement offensifs peuvent lutter contre un tank ou une unité militaire entrainée ? »

    « Tu as essayé de leur expliquer... »

    « Et ils n'ont rien écouter ! Ils croient que ce genre de chose ne peut pas arriver ici. Ils croient que ça ne peut pas être pire que ce qu'ils ont vécu... Ils... »


Kyllian ferme les yeux. Son ton a recommencé à monter et ses mains à trembler. Les images de la soirée se mélangent dans sa tête avec celles de souvenir qu’il aurait préféré oublié. Pour contrer l’horreur et la panique qu’elles lui imposent, la colère veut reprendre le dessus. Mais bien qu'il n'y ait plus de danger pour personne s'il perdait le contrôle, dérailler ne servirait à rien. Il doit apprendre à se contrôler. En publique comme en privé, pour un jour parvenir à maitriser la malédiction qui lui sert de pouvoir. Son père le lui a si souvent répéter, et même aujourd’hui, alors qu’il n’entendrait plus jamais la voix de ce dernier, les mots résonnaient dans sa tête comme un rempart à sa folie.

    « Ils n'ont pas vécu ce que toi et moi connaissons. Bien sûr qu'ils ne peuvent pas comprendre ce que tu leur a dit. Ils ont leurs propres expériences, et donc leurs propres motivations et objectifs. Nous ne pouvons pas prétendre comprendre leur réalité non plus en si peu de temps. Apprendre est un long processus, Kyllian. »


La voix douce et calme de Kaya ne parvient pas à le réconforter. Il tourne vers elle un regard où vibre une émotion indéfinissable. Douleur, souvenirs, impuissance, désespoir et frustration. Les mots trouvent difficilement leur chemin dans sa gorge.

    « Ils doivent comprendre, Kaya. »

    « Je sais. Mais c'était ta première réunion avec les Rebelles, et ce n'est pas en leur criant dessus comme tu as fait ce soir que tu vas réussir à les convaincre. Kyllian, tu sais que tu as donné une peur bleue à au moins quatre personne là-dedans ? Et je ne parle qu'en partie de ton aura... »

    « Qu'est-ce que j'aurais dû faire ? Rester là les bras croisé en espérant qu'on va réussir à chanter du John Lenon main dans la main avec les gens du Conseil ? Tu sais bien que je ne peux pas faire ça. »


Kyllian détourne les yeux et baisse la tête. Kaya prend une grande inspiration puis claque de la langue, changeant subitement d’attitude, revêtant un masque d’autorité. Elle connait trop Kyllian pour tenter de le consoler d’avantage. Ce qu’il a besoin dans ces moments est l’opposé de caresses. S’il en était autrement lorsqu’il était enfant, la vie l’a beaucoup changée. Elle regrette un peu cette époque.

Kaya se lève et s’avance vers la porte.

« Non, je sais. Mais tu dois donc continuer d'essayer de leur expliquer, et de préférence sans foutre le bordel. Maintenant oubli un peu ce qui vient de se passer. Tu n’as rien mangé depuis cet avant-midi et je tu deviens insupportable quand tu as le ventre vide. Il reste un peu de poisson non? »




Chapitre 1 | Houdson, Texas, 1987

      Daryl Flynt
      178, Grant Street, Perth Amboy


    Mon cher ami,


J’espère que tu te portes bien. Cela fait plusieurs mois que je n’ai pas eu l’occasion de t’écrire et j’en suis désolé. Je dois t’avouer ne pas avoir eu un moment à moi les derniers temps, mais ce n’est pas pour m’en plaindre. Nous avons dû rapidement prendre possession de la maison et terminer les rénovations. Nous avons bien passé près de ne pas y arriver à temps! Il reste encore plusieurs boites à défaire, et la cours arrière est aussi chaotique que la décharge municipale, mais au moins l’endroit en parfaitement habitable maintenant. Ce n’est pas un palais, ni très grand, mais cela nous suffit amplement. Simplement pour la vue, ça en valait toute cette peine. Je te joins des photos avec ma lettre, tu pourras constater par toi-même.

Je te rassure tout de suite, Dayanara va bien. Malgré les complications qui nous ont tous causés beaucoup d’inquiétudes, la grossesse se passe relativement bien. Néanmoins, nous ne voulions prendre aucun risque et c’est la raison pour laquelle je t’écris depuis Houdson plutôt que de Coatzacoalcos. Le docteur Fernandez a été d’un grand secours au Mexique, mais les installations médicales sont nettement supérieures ici. Nous sommes arrivés avant-hier et résidons présentement dans une petite location près de l’hôpital. Le médecin nous a dit hier que le bébé devrait arriver d’ici deux semaines, si tout se passe bien.

D’ailleurs, après la querelle qui a manqué de peu de déboucher sur un divorce, nous avons – je crois – enfin trouver un nom pour notre fils. Tu vas être content, c’est grâce à toi. Daya a d’abord complètement rejeter ta proposition, mais elle a fini par l’apprécié… à condition d’avoir l’entière responsabilité de son deuxième prénom. Du coup, à moins d’un changement de dernière minute, la prochaine fois que nous nous croiserons, je pourrais fièrement te présenter Kyllian Andreas Velázquez Griffin.

Dans un autre registre, je suis heureux d’apprendre dans ta dernière lettre que tu comprends et supporte ma décision. Très peu sont ceux qui l’ont fait. Quitter l’armée était déjà un choc en soi, mais tu sais mieux que personne que j’y songeais depuis longtemps. C’est plutôt ma décision de quitter également le pays m’a laissé en froid avec le peu qu’il me reste de famille à Perth Amboy. Mon oncle et ma tante ne m’écrivent plus depuis des mois. Ils n’ont jamais aimé Dayanara, encore moins mon choix de quitter la marine, alors je ne m’attendais pas à mieux. Quant à mon cousin, il est en Europe depuis plus d’un an et ne pourrait pas en avoir moins à faire que si je lui avais dit repeindre ma cuisine en rose! C’est probablement pour le mieux.

En fait, après la marine, rien ne me retenais plus à Perth Amboy, ni aux États-Unis d’ailleurs. Je ne sais toujours pas très bien qu’est-ce que je vais faire ici, mais Dayanara est la seule chose dont je sois certain, et sa vie est ici. Le choix m’est donc apparut comme évident. D’ailleurs, le laboratoire de zoologie pour lequel elle travaille comme biologiste animale a reçu un financement inespéré. Plusieurs projets sont donc en cours et les choses s’annoncent bien. Je ne veux pas m’avancé, mais si j’arrive à convaincre le patron de Daya, je pourrais bien travailleur pour eux également, comme aide de campement pour les expéditions.

Quand je repense au fait que j’ai rencontré Daya par hasard à Trenton… Elle n’était là que pour moins d’une semaine, dans le cadre d’une conférence importante, et nous y étions pour le mariage de Joel, tu te souviens? Elle était au café en bas de notre hôtel. C’est à toi qu’elle a parlé en premier. Ou plutôt qu’elle a engueulé en premier, lorsque tu as renversé ton bagel au fromage et saumon fumé dans son cartable. Je ne te serais jamais assez reconnaissant d’avoir ruiner ses documents.

Bref, je ne parle que de moi... Je suis content d’apprendre que tes plans de reprendre le garage familial se portent bien. Au moins, toi, en quittant la marine, tu avais un plan bien précis en tête! Tu as toujours été beaucoup plus sensé que moi. D’ailleurs, j’espère bien que cette amie dont tu me parle se rendra compte à quel point Daryl Flynth est quelqu’un de bien. Je te le souhaite sincèrement, je regrette seulement ne pas pouvoir être là pour te retourner la même faveur que tu m’as fait à moi avec Daya.

J’espère recevoir de tes nouvelles bientôt, et je te promets de t’appeler dès que Kyllian pointera enfin son nez.

Porte-toi bien et ne fais rien que je ne ferais pas.


    Ton ami,

      Sam Griffin



P.S. : Danayara te dis bonjour et me rappelle que je te dois toujours une bouteille de whiskey. Je n’oublie pas.




Chapitre 2 | Coatzacoalcos, Mexique, 1995

    « Est-ce que je peux l’avoir? S’il vous plait! »


Kyllian lève des yeux implorants vers ses parents. Alors que son père ne peut retenir un sourire amusé, sa mère fronce les sourcils en mettant les poings sur les hanches.

    « Tu as déjà une montagne de ces figurines à la maison, mi querido. »

    « Mais je n’ai pas encore celle de Batman, tu vois! Papa dis-lui! »


Samuel Griffin lève les mains en l’air en se détournant et lance en s’éloignant vers une autre table du marché en plein air.

    « Ne me mêle pas cela et écoute ta mère, garnement. »


Les épaules de Kyllian se relâchent avec abattement et il baisse les yeux sur la vieille figurine de plastique qu’il tient entre ses mains. La jeune chienne au pelage cannelle assise à côté de lui couche également les oreilles et le pousse doucement du bout du nez. Devant ce spectacle, Dayanara pousse finalement un grand soupire.

    « Bon. J’imagine qu’on peut bien demander au vendeur combien il en veut… »


Le gamin pousse un cri de victoire et s’élance vers le marchand, qui est en pleine discussion avec son père, la chienne sautillant de joie sur ses talons. Sa mère ne peut s’empêcher de sourire en observant la scène.

    « Tu le gâte trop. »


La voix vient d’un petit perroquet Conure Soleil, au plumage d’un jaune orangé éclatant, posé sur l’épaule de Dayanara. La femme tourne la tête vers l’oiseau avec un moment d’hésitation. Son sourire disparait subtilement. Ses prochaines paroles sont prononcées mentalement, question de ne pas attirer l’attention des passants. La grande place publique est bondée, à cette heure, et la voir causer à un perroquet de manière sérieuse ne manquerait pas d’attirer l’attention. Déjà que les regards étaient naturellement attirés vers les couleurs vives de son daemon…

    « Je le sais bien, Fuego. Mais j’aime tellement le voir heureux comme ça. J’aimerais pouvoir faire durer le bonheur qu’il vit le plus longtemps possible. Les choses ne seront pas toujours faciles pour lui, comme pour nous. »

    « Kaya le protègera. Contrairement à moi, elle prend de plus en plus l’apparence d’un grand canidé, elle pourra le protéger contre n’importe quoi, avec tous ces crocs. Moi avec mon bec, je ne suis bon qu’à cassé des noix. »

    « Ho, mon ami, ne dis pas de bêtises. Ce n’est pas réellement ce de quoi je parlais, tu le sais bien. Et ne te rabaisse pas comme ça, voyons, je ne t’échangerais pas contre un requin blanc et toutes ses dents si je le pouvais. »


Le perroquet émet un petit son, mi concession, mi agacement. Il secoue ses plumes, visiblement mal à l’aise, et observe le duo que formaient le gamin et la jeune chienne quelques mètres plus loin. Prenant un ton entendu, légèrement prétentieux, il poursuit leur conversation mentale en changeant astucieusement de sujet.

    « Elle se stabilise de plus en plus, tu ne trouves pas? Ces derniers temps, elle prend cette forme de chienne pour les sorties publiques, mais elle ne se transforme plus qu’en coyote ou en louve à la maison. Cela fait des semaines qu’elle n’est plus devenue renarde, qu’elle adorait pourtant avant. Ces très tôt pour se stabiliser ainsi, je trouve. »

    « Mmm… peut-être, mais je crois que c’est bon signe. Elle ne se transforme plus en d’autres formes car elle est de plus en plus à l’aise dans celles-ci. Cela veut surement dire qu’elle est heureuse. Enfin, je l’espère. »


Dayanara fronce les sourcils. La foule du marché était devenu plus dense, lui coupant la vue sur son fils et son mari. Elle étire le cou mais ne parvient toujours pas à les voir. Jouant des coudes, elle entreprend donc de les rejoindre, mais lorsqu’elle arrive au dernier endroit où elle les a aperçus, ils n’y sont pas.

    « Sam? »


Alors qu’elle les cherche parmi la foule – ils ne devaient pas être partis très loin après tout – une légère angoisse nait dans sa poitrine. Un mauvais pressentiment. Elle n’a jamais aimé être séparée de son fils dans un lieu public, pour des raisons qu’elle n’arrivait pas à faire comprendre complètement à Sam. Bien sûr, elle lui faisait confiance pour s’occuper de Kyllian. Bien sûr, elle faisait confiance à Kaya pour ne pas commettre de bêtises qui révèleraient à tous qu’elle n’est pas une chienne ordinaire. Bien sûr, elle s’inquiétait beaucoup trop. Et pourtant, les cris et les éclats de voix qui s’élevèrent soudainement de plus loin sur sa droite semblèrent lui donner raison.

    […]


Kyllian n’a jamais ressenti une douleur aussi vive. Comme si on tentait d’arracher la peau de son torse, une vive déchirure. La panique le submerge et il pousse un hurlement. Le monde vacille autour de lui alors qu’il se débat avec la force du désespoir dans les bras de son père, tendant les bras en direction de Kaya. La daemon est dans un état identique au sien. Roulant des yeux fous, elle lutte contre les mains, beaucoup moins douces, qui la retiennent par la peau du cou tel des serres de rapaces. Elle glapit de douleur et d’horreur.

Kyllian ne pense plus qu’à réduire la distance qui le séparé de Kaya à néant et faire lâcher prise à l’homme qui la retient. Il n’entend donc qu’à peine les éclats de voix des gens autour de lui. Même son propre père n’a jamais touché à son daemon. Sa mère avait dit que l’exercice se révèlerait trop douloureux pour lui. Elle avait raison.

Parmi le chaos de sentiments, de douleurs et de sons, Kyllian parvint néanmoins à saisir les paroles de son père.

    « Je vous en prie, monsieur, notre chienne n’est un danger pour personne. »

    « Les chiens errants dans cette ville sont automatiquement amener à l’abattoir, vous le savez très bien! Ce chien n’a ni collier, et n’est pas en laisse. C’est une contravention de loi, monsieur. »


Kyllian lève les yeux vers l’autre voix, pour découvrir un policier à l’air sévère. Ce n’est pas lui qui retient Kaya, mais l’un de ses quatre collègues derrière lui. Le jeune garçon vrille ses yeux verts nimbés de larmes dans ceux de l’officier et s’écrit d’une voix brisée :

    « Laissez la partir! Vous lui faites mal! Kaya! »


Si ses paroles n’ont aucun effet sur l’homme, elles en ont néanmoins sur la chienne. Kaya redouble d’effort pour se débattre, un grondement sourd montant de sa gorge alors qu’elle montre les crocs. Prenant l’homme qui la retient par surprise, elle parvint à planter ses crocs dans la main de l’homme qui la lâche en poussant un cri de douleur. Aussitôt, la douleur qui déchire le thorax de Kyllian s’estompe et il ouvre les bras pour y recevoir Kaya qui s’y jette en courant. Il enfouie son visage baignée de larmes dans la fourrure de la chienne qui lui lèche frénétiquement les bras, les mains, le coup et les oreilles. Aucune parole n’est nécessaire entre eux pour traduire le flot d’émotions intenses qui affluent dans le cœur de l’un et de l’autre.

Se retrouver était la seule chose qui comptait, et toute à leur soulagement de se retrouver, ils ne comprirent pas tout de suite que les choses avaient empiré.

    « Cette chienne est un danger pour autrui! Lâchez là immédiatement, elle vient avec nous. »

    « Mais, monsieur… »

    « Elle a mordu un officier de police! Maintenant assez discuter, écartez-vous! »


L’homme s’avance vers eux et tend la main vers Kyllian pour l’écarter de Kaya. Cette dernière se retourne, toutes dents dehors, et fait claquer ses mâchoires près des doigts de l’homme. De son corps elle barre le chemin au policier, ses yeux enragés et déterminés fixés sur lui avec un grondement menaçant. La colère de l’homme semble alors exploser. Kyllian ne le comprendra que plus tard, mais c’est à ce moment que son pouvoir de daemonian s’est éveillé, probablement à cause du choc causé par le contacte d’un autre humain avec son âme.

L’officier, le visage déformé par la colère, se recule et sort son arme de service de sa ceinture. Alors qu’il la pointe vers Kaya, Kyllian pousse un hurlement qui se mêle à celui de son père. Les gens de la foule s’écartent vivement en poussant des cris de peur et d’horreur. La panique gagne tout le monde.

    « NON! »


Le cri s’accompagne d’un éclair de lumière aveuglant alors qu’un jet d’électricité vint percuter la main du policier, qui est projeté au sol en lâchant son arme. Kyllian, le souffle court et s’accrochant désespérément à Kaya, lève des yeux étonnés vers la silhouette qui vient de se poster entre lui et les policiers. Alors qu’il reconnait ce visage d’ordinaire si doux et cette longue natte de cheveux noirs, l’onde électrique d’une lumière vive et bleuté, parcourut de petites veines d’électricité statique autour de ses mains lui est complètement inconnu.

Les cris d’horreurs s’amplifient qui s’étaient amplifier autour d’eau après le déclenchement du pouvoir de Dayanara s’estompent progressivement alors que la place se vide, les gens la quittant en courant et en renversant les étals sur leur passage. Les policiers, quant à eux, sont pris autant d’horreur que de surprise, et après s’être vivement reculés, commencent à reprendre leurs esprits.

    « Sam, prend Kyllian et cours. »


Sa voix est étonnamment calme, résolue, et résonne des accents de l’implacabilité d’un ordre. Devant l’immobilité de son mari, elle détache momentanément son regard des policiers pour se tourner vers eux. Si sa mâchoire est crispée, une froide détermination brille dans ses yeux sombres. Kyllian la voit le regarder quelques instants de trop, puis se faire violence pour vriller ses yeux dans ceux de Sam.

    « COURS! »


Kyllian est alors soulevé de terre. Avant qu’il ne comprenne ce qui se passe, il s’éloigne déjà de sa mère. Nouvelle douleur, cette fois entièrement émotive, et il tend les bras vers elle.

    « Maman! Maman! »


Mais son père ne ralentit pas. Kyllian est trop en état de choc pour s’apercevoir que des larmes se mettent à couler sur les joues de son père. Kaya court à leurs côtés en lançant des regards anxieux derrière elle. Dans la tête du gamin de 8 ans qu’il est, tout est confus, mais une chose est certaine. Ce qui se passe présentement est dangereux, et il a peur. Peur d’être blessé. Peur de voir Kaya blessée. Peur de voir ses parents blessés aussi. Il voudrait être de retour avec Kaya, son père et sa mère dans leurs maisons, Tout oublier et recommencer leur journée en mangeant des crêpes et en jouant avec ses figurines de super héros. Dans tout ce chaos, il réalise soudainement qu’il a laissé tomber la petite figurine de Batman sur le sol poussiéreux de la place publique.

Alors qu’il s’engage dans une ruelle attenante, la dernière image qu’il voir de sa mère est celle d’une femme à mains enveloppées de courant électriques et encerclée par des policiers, leurs armes à feu pointé vers elle. Fuego, le petit perroquet orangé, s’est envolé de sur l’épaule de sa mère et décrit des cercles anxieux quelques mètres au-dessus de la scène. Au loin, il entend le bruit d’innombrables sirènes de polices convergeant vers la place du marché.

À peine la vue lui est coupée que de nouveau cris se font entendre. Le jeune daemonian pleure toujours, appelant faiblement sa mère. Il lève ses yeux écarquillés vers le ciel et aperçoit, au-dessus du bâtiment, le daemon de sa mère qui bat frénétiquement des ailes. Ce dernier pousse un cri perçant quelques secondes avant qu’un vacarme de coup de feu n’emplisse l’air. Son corps est parcouru d’un frisson et il devient silencieux.

Dans le ciel, le petit oiseau s’immobilise et tombe lentement vers le sol.




Chapitre 3 | Désert de Sonora, Mexique, 2004

Une détonation éclate dans l’air immobile du désert, se faisant s’envoler en panique quelques oiseaux d’un buisson avoisinant. Cinq autres coups de feu suivent rapidement la première, bruit incongru dans ce paysage. La dernière des cibles touchées, toutes atteintes près du centre, se décroche de son appuie sous l’impact et tombe au sol, soulevant un nuage de poussière et de sable. Alors que le calme revient étendre ses mains sur la vallée, reprenant ses droits naturels, un jeune homme retire son œil du viseur du vieux rifle Winchester, à 300 mètres de là.

    « Ce dernier coup était particulièrement bien réussi. »


Kyllian tourne la tête vers le coyote assis à sa droite. Kaya regarde dans la direction du tir, les oreilles penchées vers l’avant et une expression sérieuse peinte sur le visage, tel une experte en la matière. L’image tire un sourire à Kyllian. Même avec toute son intelligence, se dextérité et son ingéniosité, Kaya n’avait jamais utilisé une arme, et n’en utiliserait jamais. L’idée d’un coyote expert en matière d’arme à feu est d’ailleurs absurde en soi et n’est pas sans lui rappeler Wile E. Coyote. Cela ne l’empêche pourtant pas d’en connaitre un sacré rayon sur la question, merci à Sam Griffin, à son passé militaire et à sa paranoïa justifié en ce qui concerne la sécurité de son fils.

    « Mmm… Je n’ai pas touché le centre du deuxième et du troisième. »


Le jeune homme se relève et se passe une main dans ses cheveux sombres. Levant une main en visière, il lance un regard vers la progression du soleil. Il a encore un peu plus d’une heure de clarté avant qu’il ne fasse trop sombre pour s’exercer avec le Winchester. Il y a passé la majeure partie de son après-midi, mais honnêtement, il n’a absolument rien de mieux à faire.

Peu importe dans quelle direction il regarde, il n’y a qu’une terre aride, parsemée de buissons secs et de quelques cactus. La vallée dans laquelle ils se trouvent est ceinte au nord par un amont de rochers rouge et ocre qui, baigné d’une lumière oblique et déclinante, offre un contraste saisissant avec l’indigo du ciel de soir. Bien que ce spectacle est devenu quotidien, et que Kyllian aurait donné n’importe quoi pour un changement de décor – et honnêtement, un mur de béton ou l’arrière d’un fast-food miteux en bord de route ferait déjà amplement l’affaire – il ne peut que le trouver particulièrement magnifique.

Déjà 21 jours que cette vallée est devenue synonyme de chez soi. Les deux petites tentes irriguées au pied d’une plateforme rocheuse font office de maison, les lézards et vautours de voisins. Ils ont au moins l’avantage d’être discret et peu entreprenant. Normalement, une jeep complète le trio, mais maintenant, elle se démarque par son absence. Une absence prolongée, d’ailleurs. Après près de deux jours, même les traces qu’elle avait laissées dans le sol près des tentes s’estompent.

L’avant-veille, Sam Griffin est parti à son bord sans réellement donner de date de retour, emportant le seul moyen de transport et lien avec la civilisation du jeune daemonian qu’il laisse dernière. Kyllian ne s’inquiète pourtant pas. Ces absences sont régulières et il s’y est habitué il y a longtemps, au début de l’adolescence. Alors, à 17 ans, bien que l’idée puisse paraitre incongrue et faire friser les cheveux sur la tête d’une famille bourgeoise américaine typique, il ne voit pas réellement d’inconvénient à rester seul dans le désert mexicain. De toute façon, il n’est jamais réellement seul, avec Kaya pour veiller sur lui, avec plus d’efficacité qu’une nourrice de prince d’Angleterre.

Aucun inconvénient donc, sinon l’ennuie. Mais Sam ne l’a pas laissé les mains vides, lui préparant comme à son habitude un lourd horaire d’exercice physique et d’entrainement en tout genre.

    « Tu dois être prêt » lui répété inlassablement son père pour justifier cet entrainement presque obsessif dont il fait l’objet depuis l’adolescence.


Longtemps, ce sujet les avait divisés. Kyllian avait argumenté d’innombrables fois avec son père sur le pourquoi de leur vie différentes. Pourquoi ne pouvait-il pas être un garçon comme les autres? Aller à l’école? Avoir un endroit à appeler maison? Mais depuis la mort de sa mère, sa vie était tout sauf normale.

Depuis cette journée sur la place du marché publique, leur vie était devenue celle de nomades, imposée par la nécessité de survie. Lorsque la police d’un système politique corrompu vous recherche activement, changer d’identité et ne pas s’établir de façon permanant est un impératif. Ils survivent donc en travaillant de petits contrats, principalement de constructions ou de travaux physiques. Aussitôt que les gens commencent à vraiment les reconnaitre et à poser des questions sur leur passé, il est temps de changer d’endroit. Également, tout incident pouvant attirer l’attention sur eux est automatiquement synonyme de départ. Avec le pouvoir de Kyllian qui cause des dégâts chaque fois qu’on tente de le mettre plus de quelques jours dans un même lieu avec les mêmes gens… Ces incidents sont réguliers, même encore aujourd’hui. Cela a rapidement marqué la fin de l’école publique et le début de l’école à distance pour Kyllian. Il s’en est si souvent voulu, plus jeune. Et pour être parfaitement honnête, s’en veut encore.

Vers 14 ans, Sam commença sérieusement à lui imposer des entrainements. Survie, combat, maniement des armes… Et le tout dans une ambiance presque militarisé, Sam reproduisant ce qu’il connaissait en la matière. Le jeune Kyllian se rebellait contre sa condition, et s’était son père qui en payait les frais. Sam n’avait jamais été bon avec les mots, et la mort de Dayanara l’avait changé, le rendant plus nerveux, autoritaire, secret et distant. Il restait évasif sur ses motifs, tout autant que sur les raisons de ses allés et venus mystérieux. Ce dernier s’absentait souvent, le soir et de nuit, parfois quelques jours, laissant Kyllian se débrouiller seul dans une chambre d’hôtel avec interdiction d’ouvrir la porte à qui que ce soit.

En vieillissant, Kyllian avait compris plus de choses et avait cessé d’en vouloir à son père. Il avait compris la nécessité de ces entrainements, de leur mode de vie nomade et de son isolation régulière. La compréhension ou la vérité n’en est pas pour autant réconfortante.

Leur problème avec la police ne s’est pas arrêter avec leur fuite, ni avec la mort de Dayanara. Ils n’avaient fait que commencer. Depuis ce jour sur la place publique, sa vie a entièrement changée. Il n’a d’ailleurs jamais remis les pieds dans cette maison qui l’a vu naitre et grandir. La police est également la cause de leur incapacité à quitter le pays. Leurs têtes figuraient sur les avis de recherches aux douanes, et un retrait vers le pays natal de Sam était donc impossible pour l’instant.

Récemment, Sam commença a parler de ses mystérieuses disparitions. Il parle d’autres daemonians, d’autre gens comme Kyllian qui devaient vivre dans le secret par peur de répression. Plusieurs daemonians qui s’étaient exposés avaient étés tuer ou avaient été portés disparus. Dayanara n’était pas un cas si isolé qu’il l’avait cru. Mais selon Sam, des gens s’organisaient en secret pour tenter de changer les choses. Le mot révolution n’était jamais sorti des lèvres du vétéran, mais Kyllian nourrissait l’espoir qu’il s’agisse de quelque chose de la sorte, malgré la complexité de la situation.
C’est d’ailleurs là-bas que Sam est parti. Là, maintenant. Une légère appréhension nait dans le ventre de Kyllian chaque fois que son père disparait. Une angoisse motivée par la peur qu’un évènement malheureux se passe, comme avec sa mère. Et pourtant, Sam revient toujours, et Kyllian a appris à lui faire confiance. Son père a plus de ressources qu’il ne pourra jamais prétendre posséder. Ces excursions quotidiennes aident d’ailleurs Sam à supporter la présence de Kyllian. Il le supporte mieux que beaucoup de gens, peut-être à cause de l’habitude ou de son très fort caractère, mais il n’est pas infaillible. Lorsqu’il devient impatiens ou colérique, il s’éloigne, part. Kyllian n’a jamais pu lui en vouloir pour cela. Malgré tout, son père est la seule personne qui soit resté dans sa vie, avec lui. Sans Sam, il serait complètement seul avec Kaya.

En descendant la pente menant vers les cibles de tir en contrebas, Kyllian repense à la raison de sa présente situation, son isolement si radical, et ses poings se crispent. Une frustration contre lui-même lui fait serrer la mâchoire, et Kaya, sentant sa tension revenir au galop, se rapproche instinctivement de lui, frôlant ses jambes de son flanc.

Cela faisait moins de trois semaines qu’ils étaient dans un petit village au nord de Culiacàn. Tout se passait bien, jusqu’à ce qu’une bagarre éclate dans un café ou Kyllian s’était réfugié un soir, pour échapper à leurs chambre d’hôtel étouffante. Son aura n’avait pas du aider, et l’escalade de violence se fit rapidement. Kyllian avait tenté de rester le plus discret possible et de partir, mais les deux hommes lui bloquaient la porte. Lorsque l’un des deux hommes avait sorti une arme à feu, Kyllian n’avait pu rester témoin. Il avait sauté sur l’homme pour tenter de lui retirer l’arme, et dans leur corps à corps qui s’en était suivit, une détonation était partie d’elle-même, atteignant l’une des serveuses terrorisée au bras. L’homme à l’arme à feu se figea, horrifié, et Kyllian pu lui retirer l’arme des mains. Déjà, le bruit des sirènes de police se faisait entendre au loin, et Kyllian, sous les regards abasourdis des spectateurs, avait quitté la scène en courant. Lorsqu’il était arrivé à l’hôtel, en trombe, expliquant brièvement la situation à son père, ils avait rapidement boucler leurs affaires, embarqués dans la jeep et n’avait arrêter de rouler que deux fois pour faire le plein et acheter quelque chose à manger pendant les deux jours suivants.

Ils ne peuvent se fier au témoignage des gens pour l’innocenter. Son pouvoir brouille négativement tous sentiments et perceptions, et il y a un trop grand risque que certains l’identifient comme le tireur. Ils ne peuvent pas non plus risquer d’être interrogé par la police. Et si un policier fait le lien entre lui et les avis de recherche? Des années ce sont écoulés depuis l’incident sur le marché public de Coatzacoalcos, mais Sam lui a toujours répéter qu’ils ne peuvent et ne doivent prendre aucune chance. Aucun risque. Le désert avait semblé un lieu assez sécuritaire pour se poser. C’était peut-être excessif. Non, surement excessif. Mais Kyllian ne discutait plus les ordres et décisions de son père depuis un bon moment.

Ce genre d’évènements n’est pas rare autour de Kyllian. Déclenchement de bagarre, de dispute, malaise soudain et inexpliqué, panique de foule… Il y est habitué, et pourtant, l’idée d’être responsable pour tous ces évènements l’enrage de plus en plus. Jeune, il ne comprenait pas et n’était que triste, frustré. Aujourd’hui, cela est remplacé par la colère.

Kyllian remet les cibles en places sans dire un mot, puis, le rifle sur l’épaule, retourne vers sa position de tir.



Chapitre 4 | Chetumal, Mexique 2011

Il est à peine 7h00 du matin, mais déjà, le petit restaurent a déjeuner du quartier accueille son lot d’habitué. Kyllian entre avec son père et commande le spécial du jour, ainsi qu’un café. Bien qu’il ne la voie pas, Kaya n’est qu’a une quinzaine de mètres d’eux, couchée au fond de la jeep à poursuivre tranquillement sa nuit.

Cherumal est une belle ville. Kyllian, Kaya et son père y sont arrivés tard la veille, et ils ont l’intention d’y rester un moment. Ayant terminé ses études par correspondance, Kyllian travaille maintenant sur différents petits boulots, généralement isolés, en foresterie par exemple, lui permettant de ne pas être en contact avec beaucoup de gens. Mais depuis quelques semaines, il travaille avec son père sur les chantiers. Il lui a fallu plusieurs tentatives et une force de persuasion substantielle pour faire accepter l’idée à Sam de laisser Kyllian travailler près de machineries lourdes, mais il a enfin céder.

Sa première expérience de chantier s’était bien déroulée, dans un village non loin de Cherumal. Durant le mois qu’avait duré leur contrat, aucun incident majeur n’était survenu. Bien sûr, Kyllian ne s’était pas fait d’amis, on l’évitait généralement et les tensions avaient été fréquentes, mais il n’y avait eu aucune bagarre ou aucun accident. Kyllian y voit la preuve qu’il arrive à contrôler de mieux en mieux son pouvoir, et Sam acceptait de poursuivre sur cette voie.

Alors que Kyllian ouvre la bouche pour poser une question sur leur nouveau contrat à son père, la petite télévision du restaurent change brusquement de chaine sous les protestations des clients. Interloqué, le propriétaire augmente le volume et le silence se fit dans la salle.

À l’écran, une femme vêtu d’un blouson blanc, que Kyllian reconnu pour l’avoir vu à une l’émission de nouvelle nationale mexicaine, se tient devant un écran fixant la caméra de ses yeux sombres. Son expression est grave et ses traits tirés. On sent la nervosité dans ses mains, mais sa voix est assurée, d’un professionnalisme implacable et d’une touche de dramatisme lorsqu’elle commence enfin à parler.

    « Chers citoyens, désolés d’interrompre notre programmation officielle. Le bureau de la sécurité interne du gouvernement vient d’émettre un communiqué et ce message est retransmit sur toutes les chaines. Cette information est également, en ce moment même transmise dans tous les pays du monde. »


Kyllian fronce les sourcils en se redressant sur sa chaise, sa curiosité piquée mais vaguement inquiet. Il lance un regard inquisiteur à son père, qui affiche la même expression que lui.

    « Une découverte scientifique de la plus haute importance a été faite, révélant l’existence d’une autre race humanoïde, vivant en ce moment même avec nous. »


Kyllian échappe sa fourchette, qu’il tenait en l’air immobile, alors que son cœur cesse de battre. Le bruit résonne clair et fort dans la sale silencieuse, et Kyllian sursaute en lançant un regard nerveux autour de lui, mais tous les regards sont rivés sur l’écran de télévision.

    « Ces humanoïdes se nomment des Daemonians, en raison de la présence matérielle de leur ame sous forme physique et animale. Ils possèdent des pouvoirs qui pourraient potentiellement être dangereux pour eux même et la population. Nous n’en savons pas beaucoup à l’heure qu’il est et attendons un prochain communiqué du département de protection pour… »


Le sang bat si fort aux oreilles de Kyllian qu’il n’entend plus les paroles de la présentatrice. Une décharge d’adrénaline lui hurle de s’enfuir, de prendre ses jambes à son coup, mais il est cloué sur place, la bouche entre-ouverte, horrifier. Cette révélation pourrait dire tant de chose. La fin de sa fuite éternelle, un début, peut-être de vie normale, la reconnaissance, cesser de craindre la police… Pourtant il n’y croit pas un seul instant. C’est un tout autre scénario qui se dessine à son esprit. Un scénario où tout ce qu’il a vécu jusqu’à présent n’est rien qu’un jeu d’enfant. Un scénario ou toutes les catastrophes et danger répéter par Sam au cours des quinze dernières années se réalisent.

Son père tourne ses yeux vers lui, avec une gravité qui lui fait comprendre qu’il pense aux mêmes choses. Dans les murmures des clients du restaurent, Sam se lève et empoigne Kyllian par l’épaule, le forçant à se mettre sur ses pieds. Kyllian suit son père, ses jambes lui semblant aussi raide que du béton.

Alors qu’ils franchissent la porte du commerce, la voix de la présentatrice résonne comme un écho lointain à ses oreilles.

    « Le gouvernement vous enjoint à rester calme, et aux Daemonians à se manifester dans les centres de polices de leurs régions. Il vous assure que tout, absolument tout, sera fait pour préserver la sécurité de la population mexicaine. »


À l’extérieur, la fraicheur du matin lui fait reprendre ses esprits et il se sent agité, secoué par la décharge d’adrénaline qui peut enfin se libérer. Kaya s’est réveillée, à n’en point douter à cause de l’état mental de Kyllian, et les regarde s’approcher de la voiture nerveusement. Rapidement, elle lui fait comprendre qu’elle a tout entendu, l’esprit de Kyllian étant un véritable livre ouvert lorsqu’il n’y fait pas attention.

Lorsque le moteur tourne et qu’ils laissent le restaurent derrière eux sur la route, Kyllian ose briser le silence et demande à son père, d’une voix rouillée comme s’il n’avait pas parler depuis des jours :

    « Qu’est-ce qu’ils vont faire avec les Daemons qui vont se présenter à la police? Tu crois qu’ils vont simplement les recensés? »


Sam reste muet et Kyllian remarque ses jointures blanchit par la crispation. Non, bien sur que non. Le gouvernement mexicain n’est pas reconnu pour sa clémence envers les différences, et la dernière phrase de la présentatrice sonne comme un glas de mort aux oreilles du jeune garçon. Un autre moment passe avant qu’il ne parle de nouveau.

    « Où allons-nous maintenant? Ça change tout s’ils se mettent à rechercher activement les daemonians. »

    « En effet, cela change tout. Je dois rejoindre certaines personnes au plus vite, mais cette fois, tu viens avec moi. Il est temps que je te les présente. »




Chapitre 5 | Sud de Mérida, Mexique 2012

« Pourquoi ne peux-tu pas venir? Tu es l’un de nos meilleurs tireurs, Kyllian. Je suis certaine que je peux parler à Juàn et… »

« Non, Ana, ce ne sera pas nécessaire. C’est moi qui aie demandé à être de garde ce soir. »

« Ah? Pourtant tu déteste rester derrière normalement… »

Kyllian détourne les yeux et sa main joue nerveusement avec la sangle du fusil qu’il porte en bandoulière dans son dos. Il aimerait avoir une bonne explication à lui donner, ou encore mieux, ne pas en avoir du tout et céder a ses arguments. Bon sang qu’il aimerait cela…

Une lumière de compréhension se fait dans les yeux sombres d’Ana et elle penche la tête de côté. Un bref sourire compatissant, presque de pitié, se dessine sur ses lèvres. Kyllian déteste la pitié. Il redresse les épaules, fier, et retourne son regard vert dans le sien, franc et déterminé, bien décidé à ne pas lui donner raison pour sa pitié.

Ana hoche la tête et fait signe au groupe de rebelles qui l’attendent pour le départ, à l’extrémité du campement. Lorsqu’elle passe près de lui, elle pose la main sur son bras et Kyllian se raidit, réprimant un mouvement de recul instinctif.

« On se voit ce soir alors, ne fait pas de bêtise. »

« Je le surveille, ne t’en fait pas. »

La voix légèrement acerbe de Kaya, qui observe la jeune femme avec un mélange d’agacement et d’amusement, tire un sourire à Ana. Elle retire sa main et s’éloigne. Kyllian laisse échapper un soupire de tension. Il l’observe s’éloigner, son daemon sur l’épaule, un minuscule phalanger volant à la fourrure grise et noire.

À peine Ana est-elle assez loin pour ne plus entendre ses paroles, Kaya lance, d’un ton faussement détachée :

« Tu l’apprécie, non? »

Kyllian secoue la tête.

« Ne me dis pas que tu es jalouse? De toute façon, tu sais bien que c’est impossible. »

« Pff. Je ne t’ai pas demandé si tu voulais l’épouser et avoir des gamins avec elle, seulement si tu l’appréciais. Mais si tu le prends comme ça… retournons travailler. Ce n’est pas d’ici que tu voies venir l’ennemi, même s’il était vêtu comme une pop star des années 80. »

Sur ces sages paroles, le jeune coyote se lève et se dirige vers leur premier poste de garde. Kyllian lui emboite le pas, mais pas avant d’avoir lancer un dernier regard vers l’endroit où le groupe d’Ana vientt de disparaitre dans la jungle.

En réalité, Ana a eu raison. Il aurait 100 fois préféré partir en mission, ne serais-ce que de reconnaissance, plutôt que de rester de garde au campement. Pourtant, il n’avait pas eu le choix. Ces derniers temps, il passait beaucoup trop de temps en compagnie rapprochée de ses confrères rebelles. Les tensions avaient augmenté, et pas uniquement à cause de la menace que représentait l’armée mexicaine. Avant que son pouvoir ne cause des problèmes, il devait faire un pas en arrière, se contraindre à effectuer des missions solo. Son père aussi l’avait remarqué, et ses regards désapprobateurs appuyés l’avaient poussé à refuser la mission de la journée.

En traversant le camp, Kyllian salue de la tête une femme et ses deux enfants transportant des vivres pour la préparation du diner. L’activité bat son plein, et la petite communauté, après ses quelques mois d’existence, fonctionne déjà comme une roue bien huilée. Le campement en est un de rebelles, combattant la répression sévère du gouvernement Mexicain à l’endroit des Daemonians depuis la révélation de 2011, mais aussi de réfugiés. En dehors des rebelles actifs, un peu plus d’une quarantaine de personnes habitent dans le camp. Personnes âgées, jeunes familles, adolescents seuls… Tous des Daemonians ayant été forcé de quitter leur domicile pour fuir la police ou l’armée. Il arrive de plus en plus de gens, alors que les semaines et les mois avancent. Ils recrutent autant que possible, n’osant pas trop ébruiter leur existence ou leur localisation par peur que les mauvaises oreilles ne les entendent.

Jusque-là, la jungle leur a offert un sanctuaire peut-être peu hospitalier, mais fort efficace. Les autorités ne parviennent pas à les retracer dans la danse végétation, et les combats se déroulent loin du campement là où les Rebelles planifient les déclencher. Ils ne peuvent qu’espérer que la situation continue d’être aussi favorable en leur faveur.

Lorsque la nouvelle de l’existence des daemons avait éclaté au grand jour, Sam avait conduit son fils rencontré les dirigeants du mouvement de rebelle, avec lequel il était en contact depuis plusieurs années. Sam avait toujours eu des réticences à mêler Kyllian à cette histoire, dans l’espoir que s’ils étaient découverts et arrêter, Kyllian aurait un chance de s’enfuir, mais la révélation changeait beaucoup de choses. Celle-ci avait, entre autre, déclencher la mise en mouvement du plan d’action de ce regroupement rebelle. De groupe d’offensive, résistant par les armes aux arrestations de masse et aux disparitions mystérieuses de daemonians dans des camps, ils étaient devenus également refuge.

En effet, une panique générale avait suivi l’annonce. Animer par une campagne de peur gouvernementale, parents, amis et voisins dénoncent maintenant les daemonians mexicains partout à travers le pays. Ceux qui se rendent d’eux-mêmes à la police, comme demander par les autorités, sont placés sous haute surveillance ou emmener dans des camps pour évaluer leur condition, un peu à la manière d’une épidémie. Il n’avait pas fallu beaucoup de temps à la rébellion pour découvrir que la réalité de ces camps était tout autre que celle idyllique et sécuritaire que présenter à la télévision. Ceux qui ne se livrent pas d’eux même sont automatiquement considérer comme criminels, et une chasse aux sorcières d’une ampleur incroyable se joue depuis un an. Enlèvement, disparition, meurtre… et le tout dans l’optique du bien publique.

Les confrontations sont donc fréquentes, l’armée les recherchant activement comme criminels de première importance, mettant pourtant un soin tout particulier à cacher leur existence et leurs propres activités le plus secrètes possible aux yeux de la population. L’une des principales activités des rebelles, outre les combats fréquents, est donc la diffusion d’information confidentiels sur l’armée, les camps et les agissements politiques dans le but de faire renverser l’opinion publique. Succès passablement mitigé jusque-là.

Atteignant son poste de garde, à distance de vue du campement, Kyllian grimpe dans la cache en hauteur, perchée dans un grand arbre aux larges feuilles. De là, il a une vue imprenable, malgré la dense végétation, sur plus de la moitié du campement et de ses alentours. Si une unité militarisé ou un éclaireur s’approche par ce côté, il ne pourra pas le manqué. Quatre autres vigies sont placées autour du camp, et si Kyllian ne les voit pas, il sait exactement où elles se trouvent.

Empoignant son arme, il vérifie que tout soit bien chargé et en ordre, puis lance un rapide signal mental à Kaya, restés au sol, comme quoi il est paré. Il la voit ensuite s’engouffré dans la jungle, partant pour sa ronde de reconnaissance autour de leur poste de garde. Les daemons sont autant utilisés comme éclaireurs que comme moyen de communication chez les rebelles. Plus efficaces que des talkies-walkies, ils peuvent transmettre rapidement de l’information sur une situation à plusieurs mètres de distance à leur Daemonian, via communication mentale. Un atout précieux.

Se retrouvant enfin seul, Kyllian peux enfin souffler. La tension s’accumule depuis plusieurs jours dans ses épaules et il se masse le cou pour en détendre un point de douleur. Il n’est pas habitué à vivre en communauté. Ses souvenirs de sa vie d’avant, avec sa mère, sont si lointains qu’il ne sait plus ce qu’il se souvient réellement et ce qu’il invente. Sa vie d’après ne s’est constitué quant à elle que de lui et son père, en fuite perpétuelle, en solitaire. Autant il n’a aucun problème à survivre seul des jours dans le désert ou la jungle hostile, ou encore à manier fusil ou couteau, autant il se rend compte qu’il manque cruellement de compétences sociales.

Il ne s’est pas fait beaucoup d’amis, mais déjà, c’est énorme pour lui. Il se sent si près de tous les membres de la rébellion, même de ceux qu’il ne connait que de nom, que cela l’inquiète un peu. Il a transférer toute son affection, tout son désir de vie et de protection sur eux, comme sur une nouvelle famille. Cela n’a pas manqué d’inquiéter son père, qui rechigne à le voir prendre des risques au nom de leur cause ou de la protection du campement.

Son père… Penser à lui lui tire un soupire. Depuis toujours, la présence de Kyllian et de son aura ont des effets négatifs sur le vétéran. Accès de colère, amplification de la douleur de la perte de sa femme… mais également des migraines intenses. Avant, lorsque la situation devenait insoutenable, Sam partait quelques jours, s’éloignant, et revenant lorsque les symptômes s’étaient soulagés. Également, plus jeune, son pouvoir semblait moins intense, n’agissant pas de façon perpétuelle, mais uniquement par vague, lorsque Kyllian vivait une émotion forte. Néanmoins, depuis que son daemon s’est stabilisé, son aura n’a fait que croitre, jusqu’à devenir omniprésente. Malgré tous ses efforts, Kyllian n’a que très peu de contrôle dessus et il n’arrive seulement qu’à en diminuer un peu l’intensité en tentant de rester calme et en s’éloignant, comme maintenant. Mais les effets à long termes se font de plus en plus voir chez Sam. Son humeur est continuellement mise à mal et il est de plus en plus agressif. Ses migraines sont également plus fréquentes et violentes.

La seule solution possible est donc l’éloignement, et bien qu’ils vivent dans le même campement, Kyllian ne voit presque plus son père. Ils mangent ensemble le soir, pas toujours, et dorment depuis leur arrivé au campement dans des lieux différents. Sans plus. Cette semi absence pèse beaucoup plus lourd sur les épaules de Kyllian qu’il n’ose l’avouer.

Un bruissement dans les feuillages en contrebas lui fait redresser vivement la tête et l’arrache à ses réflexions. Ses épaules se relâchent aussitôt lorsqu’il aperçoit une jeune fille qui ne doit pas avoir plus de trois ans apparaitre au pied de l’arme, hilare, poursuivit par un petit Fennec à grandes oreilles. Le jeune homme sourit et rabaisse son arme.

[…]

C’est le bruit de la bombe qu’il identifie en premier, avant de se rendre compte qu’il est au sol, étendue dans les feuilles humides, et non plus sur son perchoir. Kyllian tente de se relever, mais manque d’équilibre. À part un sifflement étrangement aigue, tout autre son a disparu, et sa tête parait sur le point d’exploser. Il n’entend même pas les battements de son cœur, qui semble pourtant vouloir sortir de sa poitrine. Sa jambe lui fait mal, mais en bougeant un peu, il sait qu’elle n’est pas brisée.

Le jeune daemonian cherche a tâtons son arme dans la pénombre du soir. Elle ne doit pas être tombée très loin… Là. Sur sa gauche. Secouant la tête, il parvient à se redresser, tanguant, alors que les sons recommencent lentement à vivre, étouffés comme lorsque votre tête est sous l’eau.

Il perçoit les cris en premier. Le son des mitraillettes ensuite.

Un bref regard à l’entour, maintenant que ses yeux sont habitués à l’obscurité, lui indique que la bombe a éclatée à quelques mètres de l’arbre, qui tient miraculeusement encore debout. Des décombres d’une ou plusieurs tentes sont éparpillés partout, et aucunes traces de ses propriétaires.

Kyllian se rue en avant, vers le campement, Dans sa tête, plus perceptible que tout autre son, la voix de Kaya lui hurle son nom, prise d’une inquiétude frôlant la folie. Il la rassure brièvement et lui demande son emplacement. Elle est plus loin dans la jungle et revient à la course. Elle devrait être près de lui d’un instant à l’autre.

Entrant dans le camp en trombe, manquant cruellement de tactique ou de précautions, il manque de peu de se faire criblé de balles, et ne doit qu’à ses réflexes de sa cacher derrière un tronc d’arbre. Empoignant son fusil, il se retourne vers ses assaillants. Une quinzaine de militaires, tout au plus, sans véhicule, mais lourdement armés. Comment ont-ils trouvés le campement? Y a t’il eut une fuite d’information? Comment ont-ils su quand attaquer? Quand le gros de leurs force armée se rendait à l’extrémité de leur périmètre justement pour les affrontés? Mais peu importe. Aucune réponse ne peut changer ses prochaines décisions. Kaya se retrouve soudain à ses côtés, et d’un accord tactique, ils entrent dans la bataille. Il ne s’agit pas de leur première, mais ne peux garantir qu’il ne s’agira pas de la dernière.

Alors qu’il tire en direction des militaires, un groupe d’une douzaine de réfugiés, dont plusieurs enfants, tombent face à face à lui, après avoir longés des tentes à couverts. D’abord terrorisés, un soupir de soulagement s’échappe du groupe lorsqu’ils le reconnaissent. Kyllian serre les dents et leur fait signe de rester à couvert et d’attendre son signal. Il lance un bref regard à Kaya, qui comprend aussitôt et va se placer aux cotés de l’homme qui guide le petit groupe. Kyllian s’élance ensuite à découvert, tirant aveuglément dans la direction de ses ennemis, afin de faire diversion, et hurle à l’intention du groupe :

« Courez! Dans la forêt! Vite! »

Les réfugiés se ruent derrière lui, suivant Kaya qui les guide à travers la forêt, vers la sécurité.

Les minutes s’enchainent, aussi rapides qu’un battement d’aile d’oiseau mouche, mais pourtant lui paraissant plus longues que des jours. Entre cœur battant, adrénaline, réflexes et chaos visuel comme auditif, Kyllian dirige à l’aide de Kaya plusieurs autres réfugiés terrorisés et hurlant d’horreur vers la sécurité temporaire de la jungle. Les rafales e balles sont presque perpétuelles. Deux autres détonations de bombes, beaucoup plus petites que la première, se font à un moment entendre. Un arbre tombe sous l’impact, et une fumée intense et suffocante se répand à l’explosion de la deuxième. Le sol est un mélange de boue et de sang, et Kyllian essai de ne pas regarder les visages figés à jamais de ceux à qui il appartient.

Le silence revient un peu sur le campement, alors que les hurlements se taisent et que les balles se ralentissent. Ceux qui n’ont pas été abattus des réfugiés ont quittés le camp, il ne reste plus que les militaires et la maigre défense du campement. Plusieurs militaires sont désormais tombés, et les quelques restants se sont réfugiés à couvert des arbres. Kyllian prend le temps de souffler, puis, de son lieu à l’abri, cherche ses compagnons des yeux. Il a vu l’un deux être abattu de son poste de vigie, au début de l’affrontement, et a déjà localiser le deuxième tireur rebelle caché derrière une jeep, à une dizaine de mètres de lui.

Kyllian appel d’une voix forte les deux autres vigies. Aucune réponse.

Le sang quitte momentanément son visage, alors qu’il comprend qu’il ne reste plus que lui et la deuxième vigie face à une dizaine de militaires armés pour défendre le camp. Le coup est dur lorsqu’il comprend que le camp est perdu.


- Combat violent de la rébellion, découverte de leur base dans la jungle, village détruit
- Kyllian est blessé
- Sauve petite fille/traumatisme
- Présentation d’Ana


Chapitre 6 | Sierra Madre Occidentale, Mexique 2013
- La rébelion a changé de place, est maintenant dans les montagnes de la Siera Madre Occidentale
- Libération d’Areli
- Scène où Ana tue un prisonier


Chapitre 7 | Nord de Monterey, Mexique, 2014
- Échec de la rébellion
- Mort de Sam

Chapitre 8 | Frontière mexico-américaine de Nuevo Laredo et du Texas, 2014
- Passage aux douanes sous fausse identité
- Parler de Daryl, de Merkeley, d’une nouvelle rébellion

Épilogue | Merkeley, New Jersey, 2015


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MessageSujet: Re: sérapation
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